Pourquoi nous ne facturons rien pour cela.
Chez Snowtailors, la conciergerie tient sa singularité d'un point précis — ce n'est pas un service que nous vendons. C'est, simplement, ce que fait votre moniteur aux heures où vous ne skiez pas. Les coups de fil se donnent de toute manière. Les relations existent de toute manière. Les facturer, ce serait mal comprendre le lien qui nous unit.
Dans un secteur qui ne manque pas d'offres, nous savons que le parti pris détonne un peu. La plupart des conciergeries de ski sont des maisons commerciales — beaucoup sont excellentes. Le choix que nous avons fait il y a quinze ans, sans jamais y revenir, tient en une phrase : celui qui apprend à skier à nos hôtes doit aussi être celui qui leur tient leur table le mercredi. Deux liens, une même personne. La semaine en devient plus simple — et, nous le croyons, plus calme.
En pratique, notre conciergerie n'est donc pas, et ne saurait être, une carte sans limites. Nous faisons ce que nous savons faire, dans le réseau que nous avons bâti, avec les partenaires que nous connaissons de longue main. Pour tout le reste, nous nous effaçons volontiers devant la conciergerie de votre hôtel — ou devant Quintessentially, si vous en détenez la carte. Nous ne leur disputons rien ; nous tenons un autre périmètre.
Un bon concierge, c'est celui qu'on oublie avoir — jusqu'au moment où l'on se souvient qu'il a déjà fait ce que l'on s'apprêtait à demander. La manière de la maison
Les tables que nous tenons, par relation.
Une poignée d'adresses dessine le paysage gastronomique des 3 Vallées, et ce qui sépare un dîner de l'autre tient rarement à la cuisine. Cela tient à la fenêtre, à la table, au moment de la semaine. Nous entretenons des relations de travail avec les maîtres des adresses ci-dessous — nouées au fil des années, en y conduisant des hôtes qui se tiennent bien et laissent un pourboire de bonne grâce. Aucune de ces relations n'est un placement rémunéré.
- La Bouitte, Saint-Marcel. Trois étoiles Michelin, la famille Meilleur — René, Maxime, et la génération qui monte. La table trois étoiles la plus intime des Alpes. Nous décrochons le plus souvent une place pour nos hôtes fidèles ; en février, nous nous y prenons trois semaines à l'avance.
- Le 1947, Cheval Blanc Courchevel. Trois étoiles, Yannick Alléno. Le menu dégustation le plus ciselé de Courchevel, dans une salle où la retenue se pense. Le déjeuner se libère parfois à trente jours ; le dîner, pendant les vacances scolaires, demande toujours une conversation plus longue.
- Le Chabichou, Courchevel. Deux étoiles, la famille Rochedy depuis quarante ans. L'adresse que nous recommandons aux hôtes en quête d'une cuisine sérieuse, sans le cérémonial d'une salle trois étoiles. La terrasse du déjeuner, sous le soleil de mars, compte parmi les petites joies de la vallée.
- Les Trois Vallées, Hôtel Le K2 Palace. Deux étoiles, la griffe maison K2 Collections. Nous entretenons une relation de travail avec la conciergerie du K2 ; c'est la table que nous proposons le plus volontiers pour le déjeuner du vendredi, celui qui clôt une Semaine sur mesure.
- La Voûte, Saint-Martin. Sans étoile, à dessein. Une salle au feu de bois dans le village, des nappes, une carte courte, la cuisine d'un chef passé par Le 1947 et qui préfère le calme. La table que nous gardons pour la traversée du jeudi, en bas de vallée.
- L'Ekrin, Le Kaïla, Méribel. Une étoile, une salle sans hâte, un sommelier qui la connaît mieux qu'aucun hôte. Notre choix naturel côté Méribel lorsqu'on cherche moins guindé que Le 1947.
Au-delà, nous entretenons des liens plus discrets à La Maison (Val Thorens), au Tremplin (Courchevel), au Farçon (Courchevel La Tania) et dans quelques restaurants d'altitude dont nous taisons parfois le nom — la salle est petite, et le charme du moment tient pour partie à la discrétion. Nous vous y conduirons, bien entendu.
De l'aéroport à la porte du chalet.
De Genève ou de Lyon jusqu'à une porte de chalet des 3 Vallées, comptez trois heures par beau temps — six, un mauvais samedi de février. La forme du transfert, nous la traitons donc avec soin : c'est par lui que la semaine s'ouvre et se referme.
Pour la route, nous travaillons avec un petit cercle d'opérateurs éprouvés depuis quinze saisons — les mêmes chauffeurs, les mêmes véhicules, la même évidence : une famille qui voyage avec trois enfants endormis à seize heures ne souhaite pas de conversation. Le chauffeur attend à l'arrivée, le nom de famille sur un carton uni, jamais un logo. Le matériel se charge en silence. La route reste la route, jamais la panoramique.
Pour l'hélicoptère — Genève vers l'altiport de Courchevel, parfois Genève vers Méribel-Roc — nous coordonnons avec Mont Blanc Hélicoptères et deux opérateurs indépendants de longue date. L'altiport de Courchevel nous pose à 2 008 mètres, au cœur du village ; de là, cinq minutes de voiture suffisent jusqu'à la porte du chalet. Le tarif se règle directement à l'opérateur, jamais par notre intermédiaire. Nous ne prenons aucune marge.
Le retour se prépare mieux que les hôtes ne l'imaginent parfois. Nous réservons les créneaux du samedi matin vers l'aéroport, auprès des mêmes opérateurs, dix semaines à l'avance — puis nous les remodelons chaque semaine selon les heures de départ que vous confirmez. Un février très enneigé, la route depuis Moûtiers peut se muer en quatre heures de trajet ; nous l'anticipons, chaque samedi, dès le mardi qui précède.
Les petites attentions.
À l'intérieur du chalet, la conciergerie se fait plus discrète encore. Ce sont surtout ces petites attentions qui arrivent sans avoir été demandées — la part du travail à laquelle nous tenons le plus.
Livraison et reprise du matériel. Skis, chaussures, casques et, le cas échéant, matériel de sécurité avalanche sont livrés au chalet le matin du premier cours, réglés sur place, puis repris le matin du départ. Vous ne mettez pas les pieds dans le magasin de location. Le bootfitter — Antoine de la Cordée Sports pour nos hôtes de Courchevel, son homologue chez Skiset Le Pashmina pour Val Thorens — passe au chalet le premier jour si un réglage s'impose.
Petit-déjeuner à la carte. Le matin d'une remontée tôt, nous demandons à la cuisine du chalet d'avancer le petit-déjeuner de quarante minutes. Au lendemain d'un dîner copieux, nous le faisons reculer. Rien là qui contrarie qui que ce soit : l'équipe du chalet le proposerait d'elle-même, encore faut-il que la demande arrive assez tôt pour ne rien bousculer. Nous la formulons en votre nom, la veille au soir.
Ostéopathe d'après-ski. Le Dr Pierre Marec — quinze ans de relation, jamais affiché — vient au chalet à dix-huit heures dès qu'un hôte le souhaite. Il détient les qualifications voulues, parle français et anglais, et se montre remarquable avec les adolescents dont le bas du dos s'est noué.
Nounous russophones. D'astreinte auprès de la petite agence que nous sollicitons à Val Thorens, disponibles sous deux heures pour les soirées. Le même arrangement existe à Courchevel, par une autre maison, avec un registre français-espagnol-italien. Nous gardons un carnet privé des nounous que nos familles ont appréciées au fil des saisons — retrouver la même personne l'année suivante se règle discrètement.
Spa en soirée. Les hôtels cinq étoiles avec qui nous travaillons réservent un arrangement discret à nos hôtes de la Semaine sur mesure : le spa demeure ouvert, sur demande, jusqu'à vingt-trois heures, parfois minuit. Un seul nom sur une seule feuille, jamais une réservation ouverte. Le genre d'égard qu'autorisent des années de relation ; nous n'en abusons pas.
La note poudreuse de sept heures.
Chaque matin de votre séjour, votre moniteur envoie un unique message à sept heures. La température à 2 300 mètres, la neige tombée dans la nuit, la visibilité attendue pour la matinée et l'après-midi, et, en une phrase, le secteur de la vallée à skier en premier. Il est court. Il est signé. Il arrive sur WhatsApp avant que la cuisine du chalet n'ait fini le pain.
Si nous le gardons pour la fin, c'est qu'il est, à bien des égards, le cœur de la conciergerie. Les jours de poudre, il redessine la semaine entière. Les jours gris, il oriente la matinée vers les forêts et les altitudes plus basses. Les belles journées de mars, il arrive avec la suggestion d'un long déjeuner sur une terrasse plein sud, skis posés contre un mur de bois. Toujours la même longueur, toujours la même voix. Au bout de trois jours, la famille cesse de guetter la météo ailleurs.